Samedi 20 février 2010
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VALLEE DU RHONE
Après la manifestation du 11 février à Ampuis, la bataille du rail n'est pas finie
par La Rédaction du DL | le 20/02/10 à 06h04
Les opposants au contournement ferroviaire de l'agglomération lyonnaise ont-ils des raisons d'y croire
? Le succès, malgré les conditions climatiques, de leur manifestation du jeudi 11 février peut déjà inciter les élus et riverains de la rive droite du Rhône à un certain optimisme.
On aurait pourtant pu penser que la décision du secrétaire d'État Dominique Bussereau de retenir, le 20 avril dernier, le
fuseau "Plaine d'Heyrieux-Sibelin-Nord" parmi les sept tracés potentiels du tronçon sud du Cfal, avait sonné le glas des espoirs de la partie malheureuse des opposants (ceux de la vallée de
l'Ozon et de la rive droite du Rhône), tout en apportant soulagement aux plus heureux (long de la ligne LGV et pays viennois).
Des actions choc
Il n'en est rien, le combat ayant pris une nouvelle tournure dès le mois de mai 2009, lorsque les élus de l'association
Parfer organisèrent une action symbolique à Chavanay, dans la Loire, sur le site de la catastrophe ferroviaire de 1990.
Si le Val d'Ozon, que l'on sent comme résigné, avait bien envoyé quelques manifestants jeudi à Ampuis, le gros des troupes
était pourtant composé d'élus et riverains de la rive droite : « Aujourd'hui, c'est la rive droite qui est concernée. Il est normal que le nouveau président de Parfer soit du secteur », explique Paul Serres, le
maire de Mions. Gérard Banchet, le maire d'Ampuis, a en effet pris la succession de Paul Vidal, le maire de Toussieu, démissionnaire par contestation au printemps dernier.
Tous ceux qui participèrent au coup de force de ce jeudi glacé (le blocage de la D386) nourrissent donc l'espoir de voir le
ministère des Transports revenir sur sa décision.
« Les ministres passent,
nous, on reste »
Pour une raison simple, qui forme le cœur des arguments des opposants : le choix du tracé "Plaine d'Heyrieux-Sibelin-Nord",
présenté comme l'un des plus courts et moins coûteux, ne s'étend pas aussi loin vers le sud que les tracés les plus longs, puisqu'il ne rejoindrait la rive droite qu'à hauteur de Givors, quand
d'autres tracés (ligne LGV) descendraient jusqu'à Serrières ou Saint-Rambert-d'Albon.
Quid, dès lors, des coûts et conséquences d'un report du trafic sur ce tronçon Givors-Saint-Rambert ? Réseau Ferré de
France (lire ci-contre) a beau avoir des réponses, la rive droite attend de voir. D'où la nouvelle mobilisation farouche, face à une perspective devenue menace, d'habitants soucieux de voir leurs
arguments écoutés et pris en compte.
Suffisamment pour assister à un retour en arrière ministériel ? L'avenir le dira... « Les ministres passent, nous, on reste
et on ne veut pas que nos populations trépassent », résume le maire de Loire-sur-Rhône, Guy Martinet, comme pour donner le cadre des nombreux combats à venir. Car il y en aura d'autres, des coups
de sang, sur une rive droite en ébullition.
Philippe
FRIEH